L’année 1981 marque le centenaire de l’Ecole Laïque. A cette occasion, Messieurs Lozeral et Padié (ancien directeur de l’école) ont souhaité retracer l’histoire du groupement scolaire de Nègrepelisse.
D’après les « Prévisions communales des dépenses de l’Instruction Publique pour 1881, il existait à cette date :
Les dépenses totales (traitement des enseignants, location des bâtiments) atteignaient un total de 6 123,85 F et étaient couvertes par :
Les enfants les plus nécessiteux étaient exemptés de paiement de la rétribution scolaire (145 au total en 1880 dénommé « Elèves gratuits »).
En 1882, l’institutrice de l’Ecole Communale de filles avait 82 élèves. En 1881, l’Ecole libre de filles de l’Hospice fait état d’une centaine d’élèves. La population scolaire féminine atteignait donc 180 élèves environ, et qui laisserait supposer un chiffre global de 350 à 400 écoliers, filles et garçons confondus (les chiffres des écoliers ne sont pas mentionnés dans le livret cité).
Le nombre d’élèves par classe se situait entre 50 et 60 ! car il n’y avait que deux instituteurs, deux adjoints, une institutrice publique et deux congréganistes
La première mention du projet de construction d’un groupe scolaire figure dans une délibération de novembre 1879. Le Conseil Municipal pria le Maire de demander à M ; Gardelle, architecte de Montauban de dresser un plan et de fournir un devis de Maisons d’Ecole implantée au lieu-dit « La Porte Haute ». Le Projet de Gardelle est présenté à la cession de mars 1880. Il comprend :
Le montant du devis est de 85 000 F.
En raison du montant trop élevé pour la commune (budget total annuel en 1880 s’élevant à 35 000 F), le Conseil Municipal demande à l’architecte de présenter un nouveau projet comprenant que deux écoles de garçons, une école de filles et deux logements. Le devis du nouveau projet présenté en juillet 1980 s’élèvera à 72 000 F. montant bien trop onéreux pour la commune dont les possibilités financières s’élevaient à 15 000 F.
Le groupe scolaire verra tout de même le jour. Le souci primordial de l’instruction du peuple animant les républicains de cette époque et la ténacité du Maire et son Conseil Municipal composé :
En mars 1881, le Préfet en visite à Nègrepelisse remarqua le mauvais état des maisons d’école de Nègrepelisse et insista dans une lettre adressée à la municipalité sur la nécessité de la construction d’un groupe en précisant « son bienveillant concours pour alléger le plus possible les charges résultant sur Nègrepelisse des constructions dont il s’agit ».
Le Conseil Municipal prend alors sur le champ les décisions suivantes :
En mai 1881, le Maire présente les plans du futur groupe établis par M. Gardelle. Montant du devis 80 000 F.

Il faudra attendre le mois de février 1882 pour qu’arrivent les notifications de l’autorisation d’emprunt et l’octroi d’une subvention de 47 000 F.
Six mois seront encore consacrés à l’enquête auprès des futurs voisins du groupement invités « à produire leurs droits, s’il en existe ».
A la session d’août 1882, le Conseil Municipal conscient de la nécessité d’abattre treize platanes pour permettre la construction des bâtiments, autorise la vente des arbres.
La date de construction du groupement est imprécise mais il est vraisemblable qu’à l’automne 1882, les travaux débutent.
Au mois de juin 1883, les quatre classes de l’école des garçons, en bordure de la route de Montauban était en bonne voie d’achèvement. Il restait à construire en bout d’alignement une salle de dessin qui devait s’appuyer sur le mur de la maison voisine. Le propriétaire « Sieur Bourgade » s’y opposa farouchement. Cette contestation retarda les travaux et le Conseil Municipal constata alors que cette salle ne figurait pas sur les plans primitifs. Ainsi, ne présentant pas de caractère d’urgence, la création de cette salle fut reportée. Les élèves se passeront de salle de dessin pendant 98 ans.
Le projet primitif, c’est-à-dire les 4 classes de garçons et les deux des filles, semble achevé en 1884. Les locaux auraient du être opérationnels pour la rentrée 1884-1885. Cependant, les dépenses prévues (70 000 F.) dépassant les ressources communales (67 000 F.) posèrent le problème de la construction des deux classes supplémentaires, qui seront finalement édifiées grâce au prêt de l’entrepreneur M. Tranquillin Coulonjou se proposant d’avances les fonds moyennant un intérêt de 5 %. En 1886, le Préfet annonce enfin l’octroi d’une subvention de 17 168 F. soulageant les dépenses de la Commune.
Ainsi, le groupe scolaire fut terminé pour la rentrée de 1886.
Propos écrits par M. Lauzeral, parut dans le bulletin municipal de 1981 et 1982