Ngrepelisse

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La création de la bastide

Nègrepelisse est une ancienne bastide à plan quadrangulaire, constituée par trois rues longitudinales quadrillant la commune. Les arcades entourant la place Nationale en sont un symbole. De nombreux édifices ont été construits avant la création de cette structure urbaine. Ils représentaient soit le pouvoir seigneurial, soit le pouvoir religieux. Quelques traces fossiles nous rappellent à chaque instant que Nègrepelisse a connu une multitude de changements et elles retracent un passé tumultueux. Malgré tous ces bouleversements, la ville conserve un aspect pittoresque que les habitants et les visiteurs apprécient.

A l’instigation des rois de France de nombreuses bastides furent créées. Nègrepelisse fait partie des 35 bastides du Tarn-et-Garonne. Elle a été fondée en 1273 par les rois, sous la famille seigneuriale de Bruniquel. Elle est située au confluent de la rivière Aveyron, de la Bardette et du ruisseau de Longues-Aygues provenant de Vaissac. Le village domine un promontoire sur la rive gauche de l’Aveyron. La ressource en eau a conditionné l’implantation des hommes. Il s’agit d’une bastide royale conçue durant la deuxième phase de création des bastides situées entre 1271 et 1370 pour asseoir l’emprise du pouvoir royal. Un paréage a réuni les deux autorités. Elles sont le témoignage de la croissance des zones peu peuplées, de vieux terroir. C’est à la suite des défrichements réalisés à la fin du XIII ème siècle de la forêt de Tulmont, que Nègrepelisse connut une extension en largeur et en longueur attirant la population. Le rôle de la bastide de Nègrepelisse fut économique avec des préoccupations politiques et militaires. C’est la croissance démographique qui a favorisé l’apparition de cette forme urbaine. Cette localité a reçu des coutumes en février 1286, où elle apparaît comme bastide dans le Saisimentum.

La structure urbaine de la ville est représentée par un quadrillage de rues et une place centrale entourée d’arcades destinées au marché. Le jour hebdomadaire opté pour le marché est le mardi, datant de la charte de Philippe IV le Bel au mois de février 1286. Depuis cet acte passé, le mardi a toujours été le jour du marché.

Comme dans de nombreux village, la dénomination des rues de la ville représente soit un monument tel que la rue du presbytère, la rue du temple, soit des anciens métiers comme la rue des potiers, la rue des pécheurs, ou bien des personnages célèbres de la cité comme l’artère principale portant le nom de Marcellin Viguié, ancien maire de Nègrepelisse.

Le trait caractéristique des habitats est l’ornement des encadrements en briquettes rouge. L’usage des matériaux est fait selon les ressources du milieu. Ce rappel esthétique des cités tolosanes se retrouve pratiquement sur toutes les façades des artères principales. La brique en terre cuite ou crue est l’élément le plus important du bâti toulousain développé vers le XV ou le XVIème siècle. La brique est un matériau de qualité. Il s’agit donc d’une combinaison entre la culture et la nature ; le système architectural est à mettre en relation avec un système écologique. Ces formes répétitives vont être appréciées pour leur homogénéité lors d’une vue d’ensemble (par exemple avec une vue aérienne du village) ou pour leur hétérogénéité si on les examine l’une après l’autre. Ces pratiques locales vont jouer sur les couleurs du paysage urbain de la ville. La création des fenêtres rectangulaires et assez hautes est une recherche de symétrie.

La palette chromatique des façades varie selon les propriétaires, mais toutefois elles restent dans les tons rouge, jaunâtre, grisâtre ou blanc selon les crépis employés. On peut donc parler de bigarrure des façades.

Des traces laissées par le temps témoignent d’un paysage urbain disparu. Ces traces fossiles sont des poulies élevées au niveau des greniers servant à remonter des marchandises ainsi que des anneaux de fer accrochés au rez-de-chaussée utilisés pour attacher le bétail lors de concours agricoles. Elles se font rares mais elles témoignent tout de même du caractère rural de la bastide.

  • La Place Nationale

Auparavant, la place était  réservée au marché. Elle a, en effet, une fonction économique très forte (plusieurs chartes stipulent que tout ce qui est à vendre doit d'abord être amené sur la place).

Elle va également acquérir  une fonction municipale grâce aux échanges, aux débats qui s'y dérouleront (fonction  d'abord assurée dans l'église).
Très vite, elle  devient donc un centre d'attraction, voire un symbole social. En effet, les maisons donnant sur la place sont souvent celles des plus anciennes familles (celles s'étant établies en premier).


Son emplacement  résulte de la charte de Philippe IV le Bel en 1286. Il stipulait dans le premier article :

« Premièrement, nous voulons et accordons en ladicte bastide ou ville et ses environs il y aict trois champs ou places publiques contenant chacune une cesterée de terre, de la mesure du dict lieu, pour l’usaige du commung de ladict bastide et de ses appartenances, et qu’il y aict aussy une maison commune pour l’utilité et usaige commun, … »

Nous pouvons ainsi supposer que ces terrains libres ont servi à la construction de la place et de la mairie.

Cette place était anciennement couverte par une halle abritant divers outils ainsi que des mesures agraires qui furent creusées dans des blocs calcaires et incorporées dans la maçonnerie. On suppose que la halle rectangulaire a échappée comme le château, l’église ou le presbytère à la destruction de l’armée royale en 1622. Les écrits anciens stipulent que les consuls votèrent  la construction d’une salle sous la halle pour servir de lieu de réunion car la bastide n’en possédait pas à la fin du XVIIème siècle.

Au début du siècle, une croix s’élevait au dessus des nombreux marronniers  donnant un caractère religieux au site. Les contours de la place n'étaient pas bien dessinés bien que des rangées d’arbres esquissaient un semblant de séparation entre la route et la place. Un magnifique chêne, arbre de la liberté se dressait de toute sa splendeur en son centre.  De nombreux bancs permettaient aux visiteurs et aux nègrepelissiens de flaner, de se rencontrer. Les façades des habitations n’ont pratiquement pas évolué mis à part quelques travaux de restauration. Comme dans de nombreusescommunes, elle est ceinturée de commerces et d'arcades.

Pour l’esthétique de la bastide, elle a été ornementée d’arbres soulignant le périmètre de la place caré. Elle engendre une vision plus ouverte du fait de sa surface. Son rôle symbolique social est important car il s'agit d'un pôle où convergent les échanges, les rencontres.