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Le four banal et le four individuel

Sous l’Ancien régime, le four banal est un four seigneurial, dont l’usage est obligatoire et taxé comme relevant du droit de ban, privilège aboli le 17 juillet 1793.
Longtemps après la fin de ce monopole attaché à l’utilisation en commun de certains équipements (four, moulin, pressoir...), la société rurale conserva cette pratique collective de la cuisson du pain.
Le four dit banal est en fait une construction appartenant à la collectivité. En effet, pour des raisons techniques (minutie de la construction du four en particulier) et économiques (emploi d’un minimum de bois pour le chauffage), les habitants d’un village se groupèrent pour bâtir un four commun.
Le four individuel n’apparut qu’au XIXème siècle. Il est soit indépendant, mais proche de l’habitation de son propriétaire, soit intégré à cette dernière.

Le four de St-Gilles faisait probablement parti du prieuré du même nom où une petite communauté de moines vivait. Étant donné qu’aucune date n’a été découverte, ni sur les murs, ni sur la cheminée, ni sur une poutre, personne ne sait de quand date exactement ce four. On peut supposer qu’il date du XIVème siècle, époque où fut édifié le prieuré. Actuellement, l’habitation des ecclésiastiques, un pigeonnier et le four, les fondations enfouies d’une chapelle sont les seules traces de ce regroupement.
Le four utilisé par les moines et les fermiers fut construit à l’intérieur d’une bâtisse agricole servant également de chambre à pain, de réserves pour le matériel et les sacs de blé.

La construction du four se décompose en trois parties :

  • la cheminée en terre crue (argile crue) car la richesse des sous-sols de la plaine nègrepelissienne pouvait le permettre,
  • le corps du four construit en terre crue et recouvert de chaux blanche consolidant l’édifice,
  • les deux voûtes (dont l’une à l’entrée du foyer) construites en terre cuite par souci d’esthétique.

 

Le four ressemble aux cheminées anciennes. Son foyer s’avère très profond dans le but de pouvoir cuire plusieurs pains simultanément. Dans un souci d’économie du bois de chauffage, il était fréquent que la cuisson du pain ne soit réalisée qu’une fois par semaine voire une fois par mois. La qualité du façonnage et du blé utilisé permettaient une meilleure conservation de cet aliment.

Avec l’abolition de la banalité, les exploitants utilisèrent de moins en moins les fours « banaux ». Le propriétaire du four de St-Gilles le garda en état et s’en servit pour toutes sortes de cuisson, du potage aux poulardes en passant par le pain. Actuellement, les propriétaires de ce four l’utilisent comme ornement mais le gardent en état en raison de sa valeur patrimoniale et de la nostalgie des grandes fêtes d’antan. Récemment, le toit a été victime de la dégradation et s’effondra. Cependant, ils le remplacèrent afin de le maintenir en bon état.

La chambre à pain

Dans la chambre à pain, on fabriquait d’abord le levain (mélange de levure, de farine et d’eau qu’on laissait fermenter plusieurs heures).
Dans le pétrin, on mélangeait la farine, l’eau et le levain. Il fallait pétrir cette pâte jusqu’à ce qu’elle ne colle plus aux mains. C’était un travail pénible dans cette chambre à pain où régnait une chaleur terrible.
Sous l’effet du levain, la pâte mettait trois heures à lever, prête à déborder du pétrin.
Quand la pâte était prête, on en tirait des mottes d’environ 10 kg appelées " pâton" qui  étaient pétries par au moins 3 hommes. Elles devaient fleurir encore une heure trente. Après la deuxième fermentation, on découpait avec un racloir la valeur d’un pain que l'on pétrissait et que l'on modelait encore une fois. Le pain était alors prêt à cuire.