Ngrepelisse

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La maison paroissiale

Le presbytère devient la Maison Paroissiale.

C'est la nouvelle appelation de ce lieu ouvert aux fidéles de la paroisse de Nègrepelisse. Inaugurée suite aux travaux de réhabilitation de la bâtisse, il convient désormais de l'appeler Maison Paroissiale

Le presbytère ou Maison paroissiale de Nègrepelisse est situé à l’emplacement d’un ancien château nommé par tradition orale, le château de Bellegarde. Il ne subsiste de cet édifice de la seconde moitié du 15e siècle appartenant aux Carmaing, seigneurs de Nègrepelisse, que le portail d’entrée avec des piédroits en calcaire sculptés de colonnes torsadées. Ce portail devait posséder en partie supérieure, le même arc en accolade que celui du portail de l’église. Cet ancien château était flanqué d’une tour hors-oeuvre d’environ 15 mètres de haut contenant un escalier en vis.
Au début du 18ème siècle, l’édifice est racheté par le Clergé pour le transformer en résidence presbytérale. Dès 1702, l’abbé Rigal remplace le tympan du portail par un arc en brique et y porte l’inscription suivante : « réparé le 1 aoust 1702 ». L’abbé Rigal fait également construire cette même année une porte d’accès au jardin, aujourd’hui bouchée, ainsi qu’un mur de clôture avec des balustres en brique donnant sur la rue.

Plus d’un siècle et demi plus tard, en 1872, l’abbé Marty fait détruire le presbytère pour en construire un nouveau. Il prend la forme du bâtiment que nous connaissons aujourd’hui. Les façades Nord et Est sont régulières. Au centre de la façade Nord, coté jardin, un cartouche porte l’épigraphe IHS-MDCCCLXXII et les armes de Nègrepelisse. Le monogramme IHS : Iesus Hominum Salvator, signifie le nom de Jésus en latin et la date 1872 est celle de la nouvelle construction du presbytère. Une buanderie est accolée au portail du 15e siècle, lui retirant toute fonctionnalité. Les traces des constructions antérieures du presbytère sont particulièrement perceptibles sur les murs Sud et Ouest qui contiennent différents remplois de moellon de calcaire, de blocs sculptés et de brique. Cet appareil mixte peu ordonné raconte aussi l’histoire de ce presbytère...

Carole Stadnicki, Diane Joy, l’équipe de la Maison du patrimoine.

Complément historique :

Il en avait besoin ce mur du jardin du Presbytère, donnant sur la ruelle séparant les maisons de la rue Marcelin-Vigiué et celles de la rue Presbytère. Des ans, il avait subi l’irréparable outrage mais plus encore de l’acharnement de la multitude des pigeons qui, affamés de salpêtre, avaient ouvert une plaie dangereuse côte jardin. À la demande répétée de M. le Curé, M. Jean Cambon, maire, et son conseil, ont confié à l’entreprise Taylor le soin de consolider l’ensemble et de recrépir l’intérieur et l’extérieur. Ainsi une nouvelle jeunesse rend à ce mur, au moins tricentenaire, sa dignité analogue à celle du mur de façade restauré il y a une douzaine d’années. Ces murs sont en effet vénérables puisque, comme le château de Bellegarde, actuel presbytère, et le clocher, ils ont survécu, on ne sait pourquoi ni comment, à l’incendie de la cité, lors du siège de Nègrepelisse par les armées de Louis XIII, en 1622.

L’histoire du presbytère et donc du jardin mérite d’être brièvement rappelée. Apres la Révocation de l’Édit de Nantes (1685), obligation fut faite aux édiles municipaux de procurer aux curés des paroisses une maison d’habitation, si les événements des guerres religieuses les en avaient privés. C’est ainsi qu’à la demande de Jean Rigal, curé de Nègrepelisse, les consuls achetèrent au moyen d’un lourd emprunt ce fameux château dit de Bellegarde pour abriter le pasteur du secteur. Mais cette belle demeure ne comptait qu’une petite cour qu’un mur séparait d’un patus voisin. Devant l’impossibilité matérielles des édiles d’acheter ce terrain comme presbytéral, c’est donc le brave abbé qui l’acquit de ses derniers. Il fit alors construire le mur sur la rue actuelle du presbytère avec une porte d’accès au jardins contiguë au portail d’entrée du « château ». Les deux portes furent surmontées chacune d’une pierre sculptée portant la même date, 2 août 1702, sans doute pour indiquer que les travaux de restauration du presbytère et du mur ont été terminés en même temps.

Quelques détails d’importance s’imposent. D’abord le tout dévoué abbé Rigal n’a guère profité longtemps de son acquisition. Il est mort épuisé de fatigue le 5 novembre 1704 et fut enterré dans l’église. Il avait à peine 43 ans. Son frère hérita du jardin et à sa mort le légua à la communauté qui permit aux curés successifs de l’utiliser. Il fera sont corps avec le presbytère lors des réparations, disons même de la transformation du presbytère en 1872. Le mur qui l’en séparait ayant été alors entièrement démoli. Autre détail. Il faut un puits pour arroser les plantations. Existai-il déjà ou fut-il creusé alors ? De fait, il fut utilisé longtemps à la fois par les curés et les habitants des maisons donnant sur la ruelle, peut-être jusque dans les années 1930. Fermé par un volet en bois bien abîmé, il fut même un passage dangereux, certes mais commode pour quelques visiteurs indélicats qui en ont profité pour visiter le presbytère. Belle occasion d’en fermer l’ouverture avec des parpaings.

Enfin, une porte près de la cuisine du presbytère permettait à la gouvernante de sortir par la ruelle pour faire ses courses. Solidement barricadée pour éviter les « infiltrations désagréables », elle vient d’être supprimée. Cela donne à ce mur de vingt-cinq mètres de long et de plus de trois mètres de haut un aspect uniforme et une nouvelle jeunesse, susceptibles d’affronter des décennies à venir et pourquoi pas des siècles ? Sa couleur ocre égaye la ruelle, d’ailleurs bien éclairée la nuit par des plots fixés sur ce mur depuis plusieurs années.

Certes, cette restauration importante ne situe pas sur un lieu de passage. Elle restera sans doute inconnue de beaucoup. Elle honore ceux qui ‘l’ont entreprise et réalisée. Il était nécessaire de faire quelque chose. Plus que l’utile, le conseil municipal a choisi le respect du patrimoine. Que tous ceux qui en ont eu l’idée et assuré la réalisation en soient remercies, sans oublier les maçons et employés municipaux qui en ont, dans la bonne humeur, facilité l’exécution.

L'abbé Raynal