Ngrepelisse

Amélie Henriette Mignard

D'aristocratie toulousaine et montalbanaise, Amélie Henriette Mignard (née en 1863) descendante de Pierre Mignard (1612-1695, œuvre majeure : décoration du dôme de Val-de-Grâce), nommé premier peintre de Louis XIV en 1690, dont les madones aux airs inspirés ont donné le mot "mignardises", fut mère et veuve très jeune. Cette belle femme s’attira les grâces du sculpteur Antoine Bourdelle. Muse ou mécène, elle posa de nombreuses fois dont l’un des bustes est exposé au musée Rodin à Paris. Il est même dit qu’elle participa en tant que modèle au monument de la guerre de 1970, sis à Montauban, en face du musée Ingres.

Les créations de Bourdelle représentant Mme Vaïsse-Cibiel

L'un des bustes représentant la nègrepelissienne fut crée entre 1903 et 1904. Ce buste en marbre est une commande de Madame Vaïsse-Cibiel à Antoine Bourdelle que celui-ci représenté au salon de la Société Nationale des Beaux-Arts à Paris en 1904. Le Musée Bourdelle possède un marbre inachevé de Dame Vaïsse-Cibiel qui est actuellement exposé dans l'atelier préservé du sclupteur.

Il existe également :

    * Un portrait d'Henriette Vaïsse-Cibiel, sans les épaules, en plâtre et en bronze, de dimension légèrement inférieure dont une épreuve en bronze est exposée dans "l'aile Portzamparc" du Musée Bourdelle avec les différentes études pour le Monument de Montauban, dont la nèrgepelissienne avait servi de modèle pour le cuirassier.
    * Un masque en plâtre conservé dans les réserves du Musée Bourdelle

Bourdelle éprouva une véritable passion pour Henriette Vaïsse-Cibiel à laquelle il dédia de nombreux poèmes entre 1896 et 1897. Elle posa ainsi pour le Cuirassier du Monument de Montauban. De cette époque date un portrait très naturel qui doit être contemporain des différentes études pour le cuirassier. On y reconnait bien le profil impétueux au nez marqué et les lèvres fines et allongées que l'on retrouve dans le buste en marbre auquel Bourdelle travaillait dès l'été 1902. Avant d'achever ce buste en 1902, il est dit qu'il devait la faire poser assise légèrement de trois quartet en contre-plongée, face à l'objectif, afin de s'inspirer des clichés obtenus pour la construction du marbre correspondant. Il voyait "quelque lueur", dans l'oeuvre de préparation, mais la jugeait encore insuffisante, préoccupé à l'idée du départ de son modèle "avant les heures de la plus haute beauté" et conscient du "travail immense à faire pour ramasser vite les éléments de lumière" avant leur transposition dans le marbre.

"Il y a plus haut, il y a le sublime d'une lèvre, l'indicible de la forme que je ne fais là que balbutier. Certes le front rayonne, le regard est grave dans le cadre de l'oeil rieur et la bouche est mouvante comme un baiser ou comme une parole [...]. Cette fille de mon labeur à quelque vertu..." écrivait-il à une amie à l'époque, tout en demeurant insatisfait du travail du visage.

Propriétaire de nombreux domaines, dont l’un dans l’Aude « La Mignarde », à proximité de Carcassonne, de deux à Nice, Dame Henriette était également l’ami de Jean Fleury dont une avenue porte son nom à Nègrepelisse. De la générosité de la famille, reste à jamais une cloche gravée en l’honneur d’Henriette, à l’Église Saint Pierre-Es-Liens, à Nègrepelisse. Elle n’eut qu’une seule fille, Marie Joseph Gabrielle Marguerite ( 26 décembre 1888 à Toulouse-1975, enterrée avec son époux au cimetière de Nègrepelisse).