Ngrepelisse

Jean Viguié

Propose recueillis de M. Guy Soulié

Notre ville abrita, de longue date avant la destruction de 1622, une très active corporation de potiers de terre qui fabriquait de la vaisselle commune vernissée. A quelque chose, malheur est parfois bon. Les poteries ratées de cuisson étaient parfois utilisées en remplissage de fondations des maisons en construction qui, lorsqu’elles furent à leur tour détruites livrèrent ces pièces à l’identité garantie.

Viennent ensuite, issues de la faïencerie de Jean Viguié (créée vers 1782 aux Valettes) les rarissimes faïences de grand feu de Nègrepelisse.

La création de la faïencerie à Nègrepelisse est sans nul doute dû à l’essoufflement du secteur du textile dont la ville possédait une très active corporation de tisserands de toiles de coton répertoriée dans l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert. C’est à ce moment là, que la famille bourgeoise et protestante Viguié chercha une industrie de substitution : l’industrie de la céramique. Les poteries dites des Valettes sont des faïences provenant du lieu de production « les Valettes » site acheté par Viguié où abondaient l’argile et les marnes. Sa politique « bon produit à bon marché » était un argument de force pour concurrencer les entreprises d’Ardus et de Montauban. Son travail a forgé une certaine renommée. L’existence d’un four fut retrouvé au lieu dit «  les Valettes ». Le faïencier compétent pour la création des poteries se nommait Marcellou pour une durée de 12 ans. Le départ de Marcellou, la disparition de Viguié en 1804 et la révolution française (où toutes les fabriques disparurent ou dépérirent)  sont sans doute les trois causes du déclin de son entreprise.

La plus connue de ses oeuvres est la fontaine, complète avec corps, couvercle et vasque conservée dans les réserves du Musée National de la Céramique de Sèvres, donnée en 1939 par les descendants du faïencier et qui occupait le couloir de la maison de Marcelin Viguié en face de la Mairie.

La preuve indiscutable de son origine figure sur le socle du corps avec l’inscription : A Negrepêlisse, le 11 mars 1786.

Jean Viguié fut le grand-père de Marcelin Viguié.

En hommage, à cette ancienne activité, une rue et une place portent le nom de rue et place des potiers.
Au déblaiement des maisons, il n’est pas rare de retrouver de la faïence mais sa fragilité pose des problèmes de conservation