Ngrepelisse

L'abbé Léris



Arthur, Benjamin LERIS, fils d'un horloger, a vu le jour à Nègrepelisse le 24 août 1858. Sa maison natale, aujourd'hui disparue, se trouvait à l'emplacement du parking de l'église que l'on peut utiliser actuellement.

Arthur, Benjamin, aux initiales des prénoms phonétiquement prédestinées, fut ordonné prêtre à Montauban le 19 Mai 1883 et fut nommé vicaire à Montech où il demeura jusqu'en octobre 1883 et où il assurait, ence moment-là, le vicariat de Saint-Sauveur de Castelsarrasin. Curé de Cos en 1885, il est nommé curé de Saint-Pierre de Milhac quelques années plus tard en 1889.

Il ne recherche pas les honneurs ecclésiastiques, le 26 septembre 1906 il est alors nommé curé-doyen de Lavit. Admis à la retraite en 1923, il se retira dans sa maison natale à Nègrepelisse où il vécut encore près de dix ans entouré de l'estime de ses concitoyens. D'une santé fragile, c'est le 13 janvier 1933 qu'il rendit son âme à Dieu à l'âge de 75 ans.

Durant sa vie, l'abbé Léris a peint une toile conservée encore de nos jours à la mairie de Nègrepelisse. Cette toile, datée de 1893, est nommée « Devant le juge de Paix ». Il est également l'auteur des ornements que l'on peut trouver dans l'église de la ville.

L'abbé Léris était un artiste consommé et complet et nous pouvons avoir une autre idée de cet homme par le témoignage du chanoine Texidor, à cette époque curé de Nègrepelisse :
« Sa vie, nul ne l'ignore, s'est déroulée sur deux plans parallèles et qui sont bien faits pour voisiner : le sacerdoce et l'art... »

« la Fileuse », datant du XIXème est retourné à sa place, au mois de novembre 2010, sur les murs de la salle du Conseil Municipal de l’Hôtel de Ville de Nègrepelisse après une restauration du cadre et de la toile. Cette huile sur toile de 80*66 date de 1881. Deux spécialistes en la matière ce sont chargées de redonner une seconde vie à cette œuvre historique et artistique. Eugénie Galeraud, membre des Compagnons du Patrimoine a effectué un traitement de restauration de la toile avec un décrassage, un allégement du vernis, et le traitement contre les insectes xylophages. Quant à Françoise Vorms, elle rénova le cadre doré à cannelure du XIXème.


Devant le Juge de Paix


Cette toile orne aujourd'hui la salle du Conseil Municipal de la mairie de Nègrepelisse et elle fait face aux portraits officiels de nos présidents. Cette œuvre pérenne assiste aux délibérations de nos édiles. Elle leur rappelle, lorsque les disputes oratoires se font trop acerbes, son sous-titre :
« Mais enfin, taisez vous ! »

Cette toile centenaire, réalisée par l'abbé Léris, représente fidèlement une séance orageuse du mercredi matin, dans le prétoire de la justice de paix, salle qui occupait le premier étage de la mairie, dans l'aile donnant vers l'église.

Le juge de Paix du canton, M. Emile Dardier (1836-1902), qui préside le débat, y est représenté avec à sa gauche le greffier, Me Paul Sautreau (1836-1918).

On peut noter une touche d'humour dans l'angle inférieur droit du tableau où un panier de poulets jouxte le gendarme de la brigade locale (rapprochement fortuit ?).

Hélas, les années et la disparition des contemporains de l'abbé Léris ont effacé des mémoires les noms des personnes qui lui ont servi de modèles.

Quelques lettres dans le coin inférieur gauche donnent à la toile un auteur « L'abbé Léris, 1893 »