Ngrepelisse

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Pourquoi Nègrepelisse ? selon Denise Foissac

Pour le profane de passage, le nom de Nègrepelisse est une énigme, un peu obscure et mystérieuse, sans doute parce que au monde il n’y en pas deux.

Ses Origines : D’une époque très lointaine où les Romains occupaient le pays, un “ présidium ” y fut dressé, c’est-à-dire un poste de défense qui surveillait la croisée des chemins, «la route o or de Montauriol la dorée a la Jordane d’Aurillac riche en pépites et la voie d’eau qui menait a Cos la Romaine aux vignes du Gaillacois ».
Ce “ présidium ” construit sur la lisière de l’antique forêt de Tulmont couvrait alors l’isthme entre Tarn et Aveyron.
Le promontoire surplombe le confluent du ruisseau de Vaïssac (Longues-Aygues) de la rivière Aveyron et domine en sentinelle avancée la plaine alluvionnaire de Bioule.

Ce fort destiné à la fois à protéger le passage et à commander les deux voies était ruiné depuis des siècles, il n’en restait plus d’autres vestiges que la hutte qui leur servait de base et qu’on nomma plus tard la Motte St-Pierre.
Tout prés des ruines du “ présidium ” s’édifia une Eglise dédiée à Saint Saturnin, le martyr de Toulouse, sauvegarde et lumière de tous les bûcherons qui vivotaient dans l’antique forêt.

Au pied de ce sanctuaire se pelotonnaient quelques huttes misérables.

Au VIème siècle, les farouches vicomtes de Bruniquel avaient étendu leur domination sur la forêt de Tulmont, le Tulmonenque qui constituait la partie Occidentale de leur domaine.

En 1074, sous le règne de Philippe Ier, les fiers vicomtes de Bruniquel en proie à des difficultés de toutes sortes, durent céder à la puissante abbaye clusienne de Moissac, l’Eglise de Sait Saturnin, son cimetière et la terre environnante dénommée Suirag (Sieurac le pays des sévères) selon un écrit déposé aux archives de Montauban.
La Tulmonenque tombe alors dans le domaine des abbayes de Moissac.

Anquetil, abbé de Moissac dès qu’il rentre en possession des domaines usurpés par les vicomtes de Bruniquel, y élève sous l’invocation de St-Pierre-Es-Liens une nouvelle église à laquelle il unit l’ancienne église de St-Saturnin (titre du 1 mai 1097, c’est à cette époque que la bastide de Sieurac reçu le nom de ville de la Motte St-Pierre à laquelle devait succéder celui de Nègrepelisse).

Trois ans auparavant, Adhémar frère de l’abbé de Moissac cédant aux conseils de l’évêque de Cahors et de Raymond IV de Toulouse, avait appelé d’autres moines sur les terres voisines de Sieurac et donné conjointement avec son fils Guillaume au monastère de St-Pierre de Cayrac un fond de terre de dix sesterées situé à 1500 m au sud de la ville dans une forêt inculte et épineuse pour y fonder une église sous le vocable de St-Gilles (an 1090) .

Les moines de Cayrac s’étaient empressés d’y construire cette Église mais ils ne la gardèrent pas longtemps.

Vers la fin de XII siècle, ils cédèrent tous leurs droits à l’abbaye de St-Marcel fondée en 1163 sur la rive droite de la Lère.

Il reste encore un prieuré habité a cette époque par les moines appelés par le Comte de Toulouse.

Tout près de l’ancienne Église de St-Gilles furent bâties plus tard des tanneries qui existaient naguère là où coule une source d’eau claire et limpide, d’où le nom du «chemin des tanneries» déplacé de quelques 50 mètres au bas du talus.

Les vicomtes de Bruniquel chercheront par tous les moyens à recouvrer leurs possessions perdues et ils y parvinrent, les abbés de Moissac ne conservent qu’une autorité morale et spirituelle.

Le nom de Nègrepelisse en latin Nègropelissia ou Nègrapelissa en longue romane, d’après les anciens documents, figure pour la première fois le 17 Avril 1270.

Un mot sur ce nom de Nègrepelisse qui étonne ceux qui l’entendent pour la première fois. Vivant à l’orée de la grande forêt, nos ancêtres en abattaient les arbres et en faisaient du charbon de bois qu’ils allaient vendre à leurs voisins montalbanais.

Le charbon ça noircit et la pelisse dont ils étaient revêtus en était toute noire.
Les gens de la ville qui voyaient ces diables noirs sortir des bois les appelaient « los de la negra pelissa ».
Cette explication, quelque singulière qu’elle puisse paraître, est encore la plus satisfaisante de toutes celles qui ont été hasardées jusqu’ici; elle est la plus vraisemblable parce que la plus simple.

Les éléments de ces écrits sont tirés essentiellement de l’étude historique du Tarn-et-Garonne de Devals aîné et en partie retranscrits sur le “Cantou” de la Commune de Nègrepelisse.

Denise Foissac