Aller au contenu principal

Le moulin

Témoin d’un passé agricole

Inactif depuis 70 ans, le moulin à eau, du type à roue horizontale, utilisait la force hydraulique pour produire de la farine. Propriété des seigneurs jusqu’à la révolution, en 1789, il a été vendu comme bien national en 1824.

Au XIXème siècle, le meunier est un des personnages importants de la vie de la commune. Après le Maire et les représentants des communautés religieuses, il occupe la troisième place dans la hiérarchie du conseil des “Grands Hommes » de la ville. Le métier de meunier, est à cette époque un métier noble mais ingrat. Souvent accusé de tricher sur les quantités, le moulin restera pendant longtemps un élément essentiel de la vie d’une communauté.

Le moulin dans son écrin de verdure

Au cœur d'un environnement protégé

Le moulin, dépendance du château tout comme le four banal, l’île, constituait un complément essentiel d’un domaine agricole céréalier. Il contribuait pleinement à la vie matérielle du village et à son développement. Les paysans apportaient leur récolte pour la transformer en farine.
Avant la révolution de 1789, le moulin appartenait au seigneur du château, le Sieur Bergeret puis, à l’épouse Carneville née Bergeret.

 

 

Il était désigné en tant que tel : “moulin de Nègrepelisse composé de quatre meules et un foulon joignant avec un appartement au premier étage pour le logement du meunier et deux écuries à chevaux, fort bien baty y ayant une petite fontaine, distancée de quelques pas de bâtisses dont l’eau est très bonne non sujette aux inondations sont comme ainsi et contigu au dit moulin une grande prairie appelée île donnant grande quantité de bon foin, lequel moulin est situé sur la rivière Aveyron aboutissant ainsi aux portes de la ville de Nègrepelisse, … de tout de contenance environ soixante suguerées dont un pré de quarante suguerée en bâti en deux boisseaux, le reste en gravier ou illiotis remplis d’arbres confrontant au devant avec la rivière…"

 

 

Ce patrimoine très riche, menacé de disparaître, a fait l’objet de travaux de restaurations dans les années 1980. Une de ses meules continue de fonctionner avec son mécanisme d’origine. Elle entre en action pour des événements particuliers. Aujourd’hui, ce magnifique moulin, qui conserve les traces d’un passé agricole révolu, est un des joyaux patrimoniaux de la commune. Il accueille principalement des expositions pendant la saison estivale

Sa construction

Le moulin, dont la construction remonte probablement au XVIIe siècle, utilisa les ressources naturelles du sous-sol : blocs calcaires et briques foraines en terre cuite. Les choix architecturaux originaux sont étroitement liés aux propriétés géologiques des matériaux qui le composent et aux conditions climatiques du lieu. Les façades plus exposées aux intempéries étaient bâties en blocs calcaires tandis que celles qui étaien préservées des attaques directes du climat reçurent des briques en terre cuite.

Sa technologie ingénieuse capte sa force des éléments naturels présents : le ruisseau de la Bardette qu’enjambe le moulin. Les deux arches, dont les fondations reposent dans le lit du ruisseau, supportent la base d’un plan quadrangulaire de 11 mètres de long et 8,20 mètres de large. À noter que le moulin était relié au château par une passerelle pour un accès direct. Il possédait, à l’origine, quatre paires de meules actionnées par des roues horizontales installées dans des cuves.

La transformation du site

Le moulin connut son apogée au XIXe siècle.
Entre 1889 et 1905, le moulin fut transformé en site de production d’énergie électrique avec le remplacement des meules à pierre par des meules à cylindre. En 1919, la moitié de la puissance produite par le moulin permettait de fournir l’énergie des 7 lampes de l’éclairage public de la commune. Les meules à pierre se sont ainsi arrêtées de moudre du blé durant cette période. En 1939, la seconde guerre mondiale poussa la population à remettre le moulin en état de fonctionner pour produire de la farine élément essentiel de l’alimentation pendant cette période de rationnement. La farine continuera a être produite jusqu’en 1950, année de l’arrêt des meules.

Il faudra attendre que la commune en face l’acquisition et restaure sa mécanique simple (pierre/axe/pièces de bois) en respectant au maximum l’original. Les deux meules (rouets verticaux) furent rééquilibrées, repiquées et recerclées. La bâtisse fut, elle aussi, réhabilitée pendant ces travaux de restauration et abrite des expositions temporaires.

Mécanisme du moulin

Fonctionnement

Ces moulins sont dits : à “roue horizontale“, de type Nordique. La roue tourne grâce à la puissance hydraulique de l’eau qui entraine les pales. Elle est en prise directe, reliée par un axe à la meule supérieure ou “tournante“. La meule inférieure ou “dormante“ est fixe. Le meunier introduit le blé par une trémie qui se déverse dans “l’auget ou entre-mole“.
Le “babillard ou Bartavelles“ laisse descendre les grains vers “l’oeillard‘, orifice central dans la meule. Les grains de blés sont écrasés, broyés et transformés en farine avant de s’écouler devant les yeux ébahis des visiteurs. Le procédé n’a pas changé depuis la construction du moulin et fonctionne parfaitement.

La machinerie est située sous le moulin